9 février 2023
Le Cameroun cherche depuis plusieurs années à renforcer sa filière avicole, essentielle pour la sécurité alimentaire nationale mais encore fragilisée par les crises sanitaires, le déficit de production locale et la dépendance aux importations. C’est dans ce contexte que Global Farm Company (GFC) a été reçue par le Ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA), lors d’une rencontre stratégique marquant un pas décisif pour l’avenir du secteur.
Le contexte de la filière avicole au Cameroun
La consommation de poulet au Cameroun augmente chaque année, mais la production locale peine à suivre. Les épizooties passées, comme la grippe aviaire, ont lourdement impacté les petits producteurs. En réponse, le gouvernement a adopté plus de 100 normes d’élevage et de transformation, afin d’améliorer la qualité et de rendre les produits camerounais compétitifs.
Parallèlement, des projets comme le PRODEL (financé par la Banque mondiale) misent sur les partenariats public-privé pour moderniser l’élevage, sécuriser les revenus des producteurs et garantir un approvisionnement régulier du marché.
Global Farm Company : un acteur majeur en pleine expansion
Global Farm Company s’est imposée comme l’un des leaders de l’aviculture camerounaise avec une capacité de production annuelle estimée à 1,4 million de poulets. Son modèle intégré couvre l’alimentation, l’élevage, l’abattage et la distribution.
L’entreprise se distingue également par ses partenariats avec les petits éleveurs : elle fournit un accompagnement technique et rachète leur production, leur assurant ainsi un débouché fiable et stable.
Une rencontre à fort enjeu stratégique
L’audience au MINEPIA avait plusieurs objectifs :
- Obtenir une reconnaissance institutionnelle en tant que partenaire clé de la relance avicole.
- Harmoniser les priorités entre GFC et l’État, notamment sur la biosécurité, la réglementation et les infrastructures.
- Accélérer la structuration de la filière à travers des partenariats public-privé, en intégrant davantage les producteurs locaux.
De son côté, GFC a réaffirmé son engagement à produire un poulet « 100 % camerounais », traçable, conforme aux normes sanitaires et accessible aux consommateurs.
Les impacts attendus pour la filière avicole
La collaboration entre le ministère et GFC pourrait générer plusieurs bénéfices :
- Augmentation de la production locale, réduisant la dépendance aux importations.
- Amélioration de la qualité sanitaire, grâce à des pratiques modernes et contrôlées.
- Insertion des petits producteurs, qui trouveront des débouchés et un accompagnement technique.
- Attractivité pour d’autres investisseurs, encouragés à rejoindre un marché en structuration.
Défis à relever
Pour réussir, ce partenariat devra surmonter certains obstacles : le respect strict des normes sanitaires, la gestion des coûts de production, l’intégration équitable des petits éleveurs et la durabilité environnementale. La vigilance sur les risques épidémiologiques restera également essentielle.
Conclusion
La réception de Global Farm Company par le Ministre de l’Élevage constitue un signal fort : l’État camerounais mise sur des acteurs privés engagés pour relancer la filière avicole. Ce rapprochement ouvre la voie à un modèle de production intégré et durable, capable d’assurer la sécurité alimentaire, de soutenir les éleveurs locaux et de positionner le Cameroun comme un acteur compétitif dans l’aviculture régionale.
Avec des engagements clairs et une coopération étroite entre public et privé, l’avenir de la volaille camerounaise pourrait enfin prendre son envol.